Vous avez reçu une lettre ...
Voilà déjà une semaine que mon voisin était mort. Je le connaissais peu et nous n'avions échanger qu'à quelques reprises sur des sujets anodins. Pourtant ce soir, je ne me sentais pas bien et j'allais me coucher avec un malaise indéfinissable. C'est ainsi qu'après m'être agité un bon moment, je m'endormis.
Tout à coup, je fus surpris d'entendre frapper à la porte. Je descendis et trouva une lettre glissée en-dessous de la porte d'entrée. Je l'ouvris prudemment, mais je ne vis personne. Qui pouvait bien m'adresser une lettre au milieu de la nuit? Probablement un plaisantin, me dis-je en l'ouvrant sur le seuil de ma maison.
Quelle ne fut pas ma stupéfaction en lisant le nom et l'adresse de l'expéditeur!
Mon voisin décédé m'écrivait de l'enfer ...
Oui, cela devait être une désagréable farce. Néanmoins, je continuais la lecture tout tremblant.
"Cher voisin,
Je suis actuellement dans un lieu dont je n'ai jamais cru à son existence lorsque je vivais à vos côtés. Que de souffrances en ce sinistre endroit où je ne n'ai de cesse de considérer mes innombrables péchés et de me tourmenter d'avoir méprisé le salut de Dieu alors qu'il m'était possible de le recevoir de mon vivant sur terre. Le remord et le tourment sont à jamais mes compagnons.
Je vous écris pour vous dire que bien que vous alliez à l'église, je vous voyais vous y rendre chaque dimanche, vous ne m'avez jamais vraiment parlé de Dieu. Vous deviez pourtant connaître bien des choses qui m'auraient évité cette seconde mort.
Lorsque nous parlions, vous me vantiez votre jardin ou vous vous étendiez en long et en large sur des exploits sportifs, mais jamais, vous ne m'avez parlé de la justice de Dieu et de son salut en Jésus Christ.
Nous vivions côte à côte, et vous m'avez laissé dans mon ignorance. Maintenant, je suis dans les ténèbres endurant les affres d'une vie à toujours loin de Dieu, et je crie à vous pour que vous ne vous taisiez plus!
Si vous êtes réellement un chrétien, un fils de la lumière, apportez celle-ci à ceux de ma famille, de notre voisinage. Ne les laissez pas partir comme moi!
Je ne peux pas vous appeler mon frère, et nous ne nous reverrons jamais, mais sachez que je regrette le temps où nous aurions pu nous entretenir de la grâce de Dieu en son Fils."
Sur ces mots, je me réveilla en sursaut. Tout cela me paraissait si réel que je me leva en hâte et descendit au salon pour y réfléchir. Tout mon corps tremblait et mon esprit troublé tourbillonnait dans une foule de pensées.
Oui! J'avais gravement manqué dans mon témoignage chrétien. J'étais tombé dans un sommeil qui m'avait coûté la perte de la communion quotidienne avec le Seigneur Jésus. Le monde avait envahi mon coeur et ma maison. Je n'allais plus à l'église que par habitude, et par ma tiédeur je n'avais pas montré le chemin de la vie à mon voisin ainsi qu'à tous les autres personnes que je côtoyais.
A genoux, dans mon salon, je me mis à sangloter et m'humilier de ne pas avoir été un ambassadeur pour Christ. Que de choses avais-je à régler dans la confession à mon Dieu.
Le soleil dardait ses premiers rayons lorsque je me relevai pardonné et décidé à ne plus laisser l'ennemi de mon âme me causer du tort et aveugler mes voisins et mes collègues de travail.